Une adoption de l’IA plus rapide que la formation des DPO La cinquième édition de l’Observatoire du métier de DPO, menée par la CNIL et l’AFCDP, dresse un constat qui devrait alerter toute direction juridique ou conformité. 70% des organisations interrogées utilisent déjà l’intelligence artificielle ou prévoient de le faire à court terme. Face à cette adoption rapide, 85% des DPO n’ont reçu aucune formation spécifique sur l’IA. Un chiffre resté quasiment stable depuis 2024. Un temps partiel qui pèse sur la vigilance Le profil même de la fonction explique en partie ce décalage. 79% des DPO exercent en interne, 11% en mode externalisé, 10% sont internes et mutualisés entre plusieurs structures. Parmi les DPO internes ou mutualisés, 85% exercent à temps partiel. 60% d’entre eux consacrent 25% ou moins de leur temps de travail à cette fonction. Un DPO à temps très partiel, sans formation IA, se retrouve en première ligne face à des projets d’IA générative de plus en plus nombreux. Un écart marqué entre public et privé L’écart se creuse encore sur la préparation au règlement européen sur l’IA. Seuls 25% des structures publiques se déclarent prêtes ou en cours de préparation, contre 35% dans le privé. Dans le public, 48% des DPO estiment ne pas être associés assez tôt aux projets d’IA, contre 34% dans le privé. La collaboration avec les équipes techniques y est jugée plus distante par 45% des répondants, contre 35% côté privé. Associer le DPO en amont, pas en aval Ce que révèle cette enquête, ce n’est pas un manque de volonté des DPO. C’est un déficit structurel de moyens et de timing. Associer le DPO en amont d’un projet d’IA, plutôt qu’au moment de sa mise en production, redevient la variable qui détermine si l’organisation peut réellement démontrer sa conformité au règlement européen le jour d’un contrôle.