Une pratique banale, désormais encadrée prenom.nom@entreprise.fr. Le format est si courant que les outils d'enrichissement le reconstituent à la chaîne pour alimenter les fichiers commerciaux. Le 16 octobre, la CNIL a précisé les règles. Elles sont claires : une information accessible en ligne n'est pas une information libre d'usage. L'intérêt légitime, oui, mais pas par défaut La CNIL n'interdit pas la reconstitution. Elle admet l'intérêt légitime, à condition d'une analyse au cas par cas. Ni automatique ni systématique, insiste-t-elle. Trois éléments pèsent : la visibilité professionnelle de la personne, le lien entre le motif du contact et son activité, ce qu'elle peut raisonnablement attendre. Quelqu'un sans présence en ligne identifiable, ou qui protège ses coordonnées, n'a en principe pas à s'attendre à être contacté ainsi. Les garanties attendues sont précises. Conserver l'adresse seulement après un premier échange effectif. Exclure sans délai toute personne qui s'oppose, sans exiger de justification. L'informer rapidement de l'origine de son adresse et de ses droits. Sans réponse sous un mois, la personne peut saisir la CNIL. Au téléphone, la bascule vers l'opt-in Le changement le plus lourd concerne le démarchage des consommateurs. Depuis le 11 août 2026, il faut un consentement préalable, prouvable, recueilli par un acte positif. Valable un an au maximum. Preuve conservée au moins trois ans. Quatre sollicitations au plus sur 30 jours, en semaine, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h. Jusqu'à 375 000 euros d'amende pour une personne morale. Et l'appel entre professionnels ? La FAQ publiée ne le traite pas. Ce qui oblige à qualifier chaque cible avant de décrocher, et à pouvoir montrer qu'on l'a fait. Ce qui change dans les outils Le sujet se déplace du message vers le fichier. Pour chaque contact, il faut pouvoir dire d'où vient l'adresse, quand elle a été reconstituée, sur quelle analyse repose son usage, et quand elle a été supprimée. Peu de CRM conservent ces informations par défaut. C'est donc là que commence la mise en conformité de la prospection : dans la traçabilité des données, bien avant la rédaction des campagnes.