Ce que change la recommandation CNIL Depuis le 14 juillet 2026, toute entreprise qui utilise un pixel de suivi dans ses emails doit pouvoir démontrer le consentement du destinataire. La recommandation de la CNIL, délibération n° 2026-042 adoptée le 12 mars et publiée le 14 avril après consultation publique, referme une zone grise ignorée depuis des années par la plupart des directions marketing. Un traceur invisible, mais bien un traitement de données Le mécanisme est technique, presque anodin en apparence. Une image invisible, intégrée au corps du mail, chargée au moment de l’ouverture. Elle révèle l’heure de lecture, l’appareil utilisé, parfois la localisation approximative. Un traitement de données personnelles au même titre qu’un cookie. Sauf qu’il échappait largement, jusqu’ici, au cadre du consentement explicite. La fin de la période de transition Pour les bases de contacts collectées avant la publication du texte, la CNIL avait laissé trois mois aux organisations. Informer clairement les destinataires, leur permettre de s’opposer facilement au suivi. Ce délai s’achève aujourd’hui. Le Monde, Carrefour, Dromadaire ou Voyage Privé ont déjà notifié leurs abonnés. D’où la vague de mails « information relative au suivi de nos communications » reçue ces derniers jours par des millions de Français. Ce que ça implique pour les DPO Pour un DPO, l’enjeu ne se limite pas à une mise à jour de politique de confidentialité. Il faut cartographier l’ensemble des outils d’emailing utilisés par le marketing, les RH et les équipes commerciales. Identifier lesquels embarquent un pixel par défaut. Documenter le mécanisme de recueil du consentement ou d’opposition, base par base. La CNIL a annoncé des contrôles à partir de cette échéance. La recommandation devient un référentiel opposable. Plus un simple guide de bonnes pratiques qu’on range dans un coin.