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Pixels de suivi dans les e-mails : la fin du taux d’ouverture sans consentement

Pixels de suivi dans les e-mails : la fin du taux d’ouverture sans consentement

Le pixel traité comme un cookie

Une image invisible d'un pixel, chargée à l'ouverture d'un e-mail. Pendant des années, c'est elle qui a alimenté le taux d'ouverture des campagnes. La CNIL a tranché dans une recommandation adoptée le 12 mars 2026 et publiée le 14 avril : ce chargement constitue une lecture sur le terminal du destinataire, au sens de l'article 82 de la loi Informatique et Libertés. Même logique que les cookies.

La période de tolérance s'est refermée le 14 juillet 2026.

Ce qui exige désormais un consentement

Quatre usages. L'analyse individuelle des ouvertures pour optimiser les campagnes. Le profilage à partir des préférences. La détection de fraude. La mesure individuelle de délivrabilité, sauf exemption.

L'exemption, justement, est étroite. Elle couvre la sécurité liée à l'authentification. Et une mesure de délivrabilité réduite au strict nécessaire, pour espacer les envois ou cesser d'écrire aux inactifs, en ne gardant que la date de la dernière ouverture connue, sans l'heure. Seulement pour les e-mails demandés par le destinataire, transactionnels notamment. La relance de panier abandonné ? Hors exemption.

Un consentement exigeant

Distinct pour chaque finalité. Recueilli par un acte positif. Prouvé individuellement : l'engagement contractuel d'un loueur de fichiers ne suffit pas. L'inaction vaut refus, et refuser doit être aussi simple qu'accepter. Le retrait passe par un lien en pied de message, qui doit fonctionner même sur un ancien e-mail rouvert.

Pour la base existante, la voie conseillée est un e-mail sans pixel, renvoyant vers une page où la personne agit elle-même.

Une chaîne de responsabilités à redessiner

L'expéditeur décide des finalités et des moyens. La plateforme d'envoi agit pour lui, en sous-traitant. Un fournisseur de technologie de suivi qui réutilise les données pour son propre compte devient responsable conjoint. Pareil pour un loueur de listes.

Concrètement, les contrats signés avec ces prestataires doivent être relus à cette lumière. Et le reporting marketing accepter une réalité nouvelle : un taux d'ouverture partiel, mesuré seulement là où les personnes ont dit oui. Ça demande d'autres indicateurs, et un peu de pédagogie en interne.

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